Mythes & impostures de la modernité

Acte I

 « La modernité, c'est le fugitif, le transitoire, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable.» (Baudelaire, Le Peintre de la vie moderne)

Quoi de plus naturel pour entrevoir les contradictions qu’il y a dans l’ordre actuel que de méditer au sujet de la crise que traverse actuellement le monde. Crise née en Occident et plus que jamais palpable sur tous les plans : environnemental, économique ou idéologique... Crise qui n’est ni conjoncturelle ni passagère comme on veut nous le faire croire, mais bien plus profonde et systémique puisque ses racines remonteraient à l’origine du projet moderne lui-même et l’apparition d’un nouveau paradigme dont la terminologie fut dès le départ axée sur des thématiques telles que l’idée utopique de progrès infini ou de vivre en phase avec son époque… Mais depuis ces dernières décennies les masques tombent et les illusions d’hier tournent aujourd’hui chaque jour davantage au cauchemar.
Cette crise que traverse l’Occident sonnerait-elle donc le début de la fin de cette idéologie du progrès continuel qui a dominé le monde depuis plus de deux siècles ? Ou les forces qui dominent le monde actuellement réussiront-elles à retarder encore une fois l’échéance et la chute d’un modèle que l’on sait en chute libre, en détournant une énième fois l’attention sur les véritables maux qui gangrènent notre monde ?

L’idéologie scientiste : un credo épuisé ?

« L'homme moderne est l'esclave de la modernité : il n'est point de progrès qui ne tourne pas à sa plus complète servitude » (Paul valéry, Des Regards sur le monde actuel).

Tout d’abord, il est important de distinguer ce que l’on peut appeler le « progrès utile » dans son acceptation primaire, qui est une quête parfaitement noble de l’homme, que l’on trouve chez toutes les civilisations, d’une vision exclusivement « techno-mécanique » du monde consolidée au XVIIIème siècle à la sortie de la révolution industrielle, qui tente d’organiser l’humanité suivant les thèses du ‘’scientisme’’ qui est une pure variante du matérialisme.

 

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